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39ème Congrès de la FIDH à Johannesbourg : La FIDH condamne la violation systématique des droits de l’Homme au Vietnam



2016-08-27 | | Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme

JOHANNESBOURG, 27 août 2016 (VCHR) – A l’occasion du 39ème Congrès de la FIDH à Johannesbourg qui rassemblait près de 400 défenseurs des droits de l’Homme du 23 au 27 août, les délégués représentant les 178 ligues membres de la FIDH venus des cinq continents, ont fermement dénoncé dans une « résolution sur la situation des droits de l’Homme au Vietnam » (voir le texte plus bas), la répression tous azimuts qui n’a fait que s’aggraver depuis le XIIème Congrès du Parti Communiste Vietnamien au mois de janvier 2016.

« La résolution décrit une oppression systématique et systématisée : A côté des arrestations et condamnations massives de dissidents et de défenseurs des droit de l’Homme, de la répression brutale des manifestants, des harcèlements journaliers contre les fidèles des religions « non-reconnues », les autorités vietnamiennes adoptent continuellement des lois liberticides qui ne font qu’organiser l’arbitraire et légaliser les violations des droits de l’Homme », a dit Võ Trần Nhật, Secrétaire exécutif du Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme (CVDDH).

Le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme participe à la manifestation « Fighting Back for Human Rights » de la FIDH à Johannesbourg, 23 août 2016 - Photo TAHR
Le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme participe à la manifestation « Fighting Back for Human Rights » de la FIDH à Johannesbourg, 23 août 2016 - Photo TAHR

Proposée par le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme, qui est l’affiliée vietnamienne de la FIDH, la résolution a été adoptée à l’unanimité, principalement en réponse à la catastrophe écologique due à la société taiwanaise Formosa dans le centre du pays (avril 2016). Cette pollution a donné lieu a des manifestations massives et continues que les autorités vietnamiennes ont systématiquement réprimées à coups d’arrestations, de brutalités policières, de harcèlements, etc. « L’affaire Formosa est un bon condensé de la situation des droits de l’Homme au Vietnam : l’Etat cherche à étouffer l’émergence de toute conscience des droits de l’Homme au Vietnam », a commenté Võ Trần Nhật.

Cette résolution intervient également alors que les dissidents sont maintenus en détention arbitraire pour leur engagement pour la défense des droits de l’Homme, comme Thích Quảng Độ, bonze bouddhiste et chef de l’Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (Eglise historique, interdite depuis 1981), détenu quasiment sans interruption depuis plus de 34 ans, ou l’avocat Nguyễn Văn Đài, arrêté en décembre 2015 et dont la détention préventive vient d’être prorogée de 4 mois. La FIDH a également pointé du doigt Vietnam dans une autre résolution sur la répression dont souffrent les défenseurs des droits de l’Homme de part le monde.

La FIDH tient son Congrès en Afrique du Sud sur le thème « A l’offensive pour les droits humains » (Fighting Back for Human rights) pour réfléchir à la stratégie à adopter par la société civile pour faire face au recul des droits de l’Homme dans l’ensemble du monde. Le 39e Congrès de la FIDH a accueilli d’éminentes personnalités comme Stavros Lambrinidis (EU Special Representative on Human Rights), Faith Pansy Tlakula (Chairperson of the African Commission on Human and Peoples’ Rights, South Africa), John Jeffery (Deputy Minister of Justice and Constitutionnal Development, South Africa), Justice Dikgang Moseneke (former Deputy Chief Justice, South Africa) ou la révérende Canon Mpho Tutu van Furth qui est venue délivrer le message de son père, l’Archevêque Desmond Tutu, qui était hospitalisé.

La FIDH a été fondée en 1922 et compte 178 ligues membres venues de 117 pays sur les 5 continents. M. Võ Trần Nhật, Secrétaire Exécutif du Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme, représente le Vietnam au Congrès. La FIDH soutient de longue date les défenseurs des droits de l’Homme vietnamiens. Dans les années 1920, la FIDH avait réussi à faire annuler les peines de prison prononcées contre les deux célèbres patriotes vietnamiens Phan Boi Chau et Phan Chu Trinh.


Texte intégral de la résolution sur la situation des droits de l’Homme au Vietnam 2016 :

Résolution sur la situation des droits de l’Homme au Vietnam 2016
Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme



La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), réunie à son 39ème congrès à Johannesbourg, Afrique du Sud,

Considérant qu’à l’issue du XIIème Congrès du Parti Communiste du Vietnam (janvier 2016), le gouvernement vietnamien, où prédominent les membres de l’armée ou des forces de sécurité, a considérablement renforcé la répression contre toute forme d’expression libre ;

Considérant qu’en à peine deux semaines, au mois de mars 2016, au moins 7 militants des droits de l’Homme ont été iniquement condamnés à un total de 22 ans de prison pour le simple fait d’avoir exercer leur droit à la liberté d’expression ou de manifestation.

Considérant que, de manière générale, le gouvernement vietnamien réprime systématiquement tous ceux qui s’engagent pour les droits de l’Homme : les défenseurs des droits de l’Homme, les membres des religions « non-reconnues », les dissidents, les blogueurs, les simples citoyens qui manifestent sont tous étroitement surveillés, soumis à interrogatoires, harcelés et molestés par la police, arrêtés, voire placés en institutions psychiatriques ;

Considérant que le Vietnam a été touché aux mois d’avril-mai 2016 par une pollution industrielle sans précédent par 300 tonnes de produits chimiques toxiques probablement déversés par un complexe sidérurgique qui ont souillé plus de 200 kilomètres de côtes au centre du Vietnam, touché des pays voisins comme les Philippines, et provoqué la mort de millions de poissons venus s’échouer sur les plages et ruiné le secteur de la pêche de la région ;

Considérant que ce scandale écologique a provoqué l’indignation de l’ensemble de la population vietnamienne qui s’est mobilisée sur les réseaux sociaux et dans la rue au cours de vastes manifestations pacifiques dans les grandes villes du pays ; que les autorités vietnamiennes ont répliqué en coupant momentanément l’accès à ces réseaux sociaux, en réprimant brutalement les manifestations, y compris en recourant à de voyous à la solde de la police, et en arrêtant les manifestants ;

Considérant que le Vietnam persiste à utiliser des incriminations vagues et fourre-tout du Code Pénal concernant la « sécurité nationale » comme l’« espionnage », la « propagande contre l’Etat », les activités « visant à renverser le gouvernement », ou comme celle d’« abus des libertés démocratiques » pour faire taire les dissidents, les défenseurs des droits de l’Homme ou les simples manifestants ;

Considérant qu’en dépit des appels de la communauté internationale, le Vietnam a maintenu la peine de mort pour les crimes touchant la « sécurité nationale », lors de sa récente révision de son Code pénal (novembre 2015) ;

Considérant que le Vietnam a adopté, au mois d’avril 2016, une loi sur l’accès à l’information et une loi révisée sur la presse qui restreignent la liberté d’expression et renforce la censure, ainsi qu’une circulaire interdisant les manifestations devant les tribunaux ; et qu’il s’apprête à adopter une loi sur les associations et une loi sur les croyances et la religion qui s’annoncent d’ores et déjà incompatibles avec les normes internationales en matière de liberté d’association et de liberté religieuse ;

Considérant que nombre de dissidents sont en résidence surveillée, quand ils ne sont pas en prison, et ce parfois depuis des décennies, comme dans le cas de Thích Quảng Độ, chef de l’Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV, Eglise historique, indépendante, arbitrairement interdite depuis 1981), détenu depuis plus de 30 ans ;

Considérant qu’en préparation des élections législatives du 22 mai 2016, nombre de candidats indépendants ont été empêchés de se présenter ;

Considérant que le Médiateur Européen a condamné la Commission Européenne pour maladministration pour avoir refusé de procéder à une étude préalable d’impact sur les droits de l’Homme de l’accord de libre-échange en cours de négociation entre l’Union Européenne et le Vietnam

 

Regrette que les autorités vietnamiennes n’aient pas profité de la récente révision du Code pénal pour abolir la peine de mort, en particulier pour les crimes contre la « sécurité nationale » et qu’elles continuent à condamner une centaine de personnes à la peine de mort chaque année ;

Dénonce la mise en place de tout un arsenal légal visant à restreindre par la loi même les droits fondamentaux des Vietnamiens et à octroyer aux autorités des pouvoirs exorbitants et arbitraires pour réprimer les défenseurs des droits de l’Homme ou quiconque voudrait simplement jouir de ces droits ;

Dénonce la politique de verrouillage de l’information et de censure du Vietnam qui instaure, par une répression sauvage (brutalités et harcèlements policiers, procès iniques, lois liberticides), un climat de peur chez ceux qui veulent s’exprimer ou participer aux affaires publiques ;

Demande au Vietnam de libérer immédiatement et inconditionnellement toutes les personnes détenues simplement pour avoir exercé légitimement et pacifiquement leurs droits aux libertés fondamentales, au premier chef Thích Quảng Độ, ou l’avocat Nguyễn Văn Đài ;

Appelle le Vietnam à établir une véritable et sincère collaboration avec les Nations Unies sur les droits humains, en invitant les Procédures spéciales, comme les Rapporteurs spéciaux sur la liberté d’expression et sur les défenseurs des droits de l’Homme, et en leur accordant une totale liberté d’investigation ;

Condamne fermement à cet égard les entraves mises sur le chemin du Rapporteur spéciale sur la liberté de religion ou de croyance Heiner Bielefeldt lors de sa visite au Vietnam au mois de juillet 2014 ;

Appelle l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique, qui ont ou vont signer des accords de libre-échange avec le Vietnam à veiller à ce que ces accords garantissent les droits fondamentaux des citoyens vietnamiens, notamment en mettant en place des mécanismes de recours efficaces et impartiaux , et à rester fermes pour que le Vietnam remplisse ses engagements en matière de droits de l’Homme.
 
 
 

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